mardi 19 mai 2009

Européennes : Abstention et vote utile...

Nous avons bien entendu cet appel au vote prétendument "utile" très relayé par les grands médias, alors qu’une chape de plomb médiatique s'est abattue sur la campagne du Front de gauche. Il semblerai que l'abstention soit devenue un prétexte ou soit souhaitée plutôt que les citoyens ne s'emparent véritablement des enjeux de ces élections.
D’abord, nous voulons rappeler que dans le cadre des élection européennes, nos adversaires sont les politiques ultra-libérales mises en œuvre par les droites de Messieurs Sarkozy, Berlusconi ou Mme Merkel. C’est ce combat que la gauche doit mener et toute la gauche a intérêt à présenter une telle alternative pour être crédible mais surtout pour sortir nos concitoyens des souffrances sociales qui les assaillent.
C’est là que se situe pour les peuples, l’utilité ou non des différents votes qui leur sont proposés et nous constatons, tout en écoutant les propos de Martine Aubry, que pour un nombre non négligeable d’électeurs proches du parti socialiste, du point de vue de leurs propres intérêts et ceux de leur famille ainsi que de l’avenir de leurs enfants, l’utilité de voter pour les listes du Parti socialiste leur apparaît de moins en moins évidente.
Nous les comprenons car trop souvent les droites européennes et le Parti Socialiste Européen votent ensemble des directives négatives comme celle sur la libéralisation du secteur énergétique il y a quelques jours. Ce vote est-il utile pour soi et pour l’idée européenne lorsque l'on constate que contre le groupe de la Gauche Unitaire Européenne seul opposant dans le Parlement de Strasbourg, le PSE et les droites votent des résolutions pour mettre l’Union européenne sous la coupe directe des dirigeants nord-américains avec le projet de traité transatlantique ?
Enfin, quelle est l’utilité de ce vote et de quel côté doit-il peser quand ensemble, et nous le regrettons fortement, la droite française et la majeure partie des députés socialistes ont voté le texte du traité de Lisbonne (petit frère du projet de constitution contre lequel les Français se sont prononcés lors du référendum de 2005) que M. Sarkozy se vante d’avoir écrit ?
L’enjeu de cette élection est bien de changer, ou pas, les politiques européennes et non pas de transférer des voix de certains partis de gauche, sur le seul Parti socialiste prétendument parce que ce serait utile face à un Sarkozy qui rassemble toute la droite. Comme si une bipolarisation poussée à ce niveau pouvait produire du mieux par rapport à celle qui a conduit notre pays et l’Europe dans la crise terrible qu’ils connaissent.

L’enjeu du 7 juin est de créer les conditions d’un changement de pouvoir et de politique en France et en Europe. Ce n’est possible que sur des bases vraiment de gauche et dans une démarche unitaire comme celle qui marque les mouvements sociaux. C’est pour cela qu’a été créé le Front de Gauche qui rassemble le Parti communiste, le Parti de gauche, la Gauche unitaire, Socialisme et République, le Mouvement politique d’éducation populaire, des centaines et des centaines de syndicalistes, des intellectuels de toutes disciplines, des créateurs. Il vise à permettre à toutes celles et ceux qui veulent sortir des politiques ultralibérales de pouvoir le dire clairement le 7 juin dans la diversité de leurs opinions. Mais ces voix diront tout aussi fort : « à gauche, il faut changer, changer vraiment, si l’on veut demain qu’une nouvelle gauche bien à gauche offre une alternative de transformation sociale et politique pour battre la droite ».

Une multitude d’électrices et d’électeurs de différentes sensibilités de gauche ressentent déjà l’utilité du bulletin de vote Front unitaire de gauche pour dire ce qu’ils ont sur le cœur et modifier la donne. Cette construction, qui est la seule innovation politique en France depuis des décennies, éloigne de cette bipolarisation de la vie politique qui serait désespérante pour les travailleurs et le peuple et l’appel de Martine Aubry, s’il était entendu, nous y ramènerait.

De nombreux électeurs, nous en sommes convaincus, préféreront rejoindre le rassemblement du Front de gauche au service de l’intérêt général, de l’intérêt de celles et ceux qui souhaitent un vrai changement de politique. Dans l’intérêt de la gauche elle-même en son entier.

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